Revealing potential

Valoriser l’intangible

« The only security you truly have is gravity »

Quand la crise devient une opportunité de plus-values

En chinois, « crise » et « opportunité » s’écrivent avec le même idéogramme : « danger » + « opportunité de changement ». Mais comment rendre cela vivant dans un monde en transformation ? Comment réellement transformer une crise en opportunité ?

Voilà la quête de la majorité de nos équipes de management.

Notre proposition est d’aller avec vous à la rencontre de ces opportunités par un travail de qualification, de quantification et de reconnaissance des valeurs « intangibles » de l’entreprise. Voyons ensemble comment procéder !

Valeur Intangible

« Les crises sont des opportunités car elles nous invitent à vivre intensément chaque instant, en conscience »

En résumé : « La différence entre la valeur totale de l’entreprise, son prix, et la valeur matérielle sur le bilan ».

La « valeur immatérielle » de l’entreprise est d’une part répercutée sur la valeur du titre en bourse (valeur totale moins les fonds propres), ou bien, calculée lors d’évaluations et de fusions et acquisitions. Dans ce cas, le plus souvent basée sur l’extrapolation de cash flow historique.

Baser ses calculs de valorisation sur des cash flow historiques, alors que la société et ses entreprises sont en profonde transformation, devient difficilement justifiable.

De plus extrapoler une croissance constante sur plusieurs décennies également est devenu difficile vu les circonstances volatiles, les inconnues du marché, et la mutation des business modèles. Il faut trouver des alternatives.

Par contre, ce qui est bien là, c’est la valeur cachée, l’intangible de l’entreprise. La partie immergée de l’iceberg. C’est cette partie qui fait flotter le glaçon. Celle qui « porte » l’entreprise.

De nombreuses tentatives ont été faites pour quantifier ces valeurs, afin de pouvoir les glisser dans le bilan de l’entreprise. Cela exige une rigueur importante pour ne pas dévier dans un « jeu de chiffres » menant à des ingérences. On pourrait facilement gonfler les valorisations alors que la valeur réalisable serait inférieure.

Pour mieux gérer, évaluer et travailler avec l’intangible, nous trouvons qu’il faut utiliser d’autres techniques de valorisation et d’hypothèses de travail.

La valorisation intangible de l’entreprise, même si elle est payée en euros, doit être vue d’un autre angle : celui des Valeurs de l’entreprise.

C’est là où valeur rencontre Valeur. Différentier le matériel de l’immatériel.

Passif Intangible

« Les crises sont des opportunités car elles nous invitent à réinventer notre monde et notre mode de vie »

En résumé : « La valeur immatérielle négative de l’entreprise = passif émotionnel + passif connaissance »

La valeur négative, le risque caché, c’est un poids mort que doit porter l’entreprise. Elle le paye chaque jour un peu. Et un jour, si ces choses qu’on a balayées sous le tapis remontent flotter à la surface, le prix à payer pourrait être énorme. Il y a assez d’exemples tous les jours dans les journaux.

Le « passif émotionnel » en temps de crise

« Les crises sont des opportunités car elles nous invitent à nous relier à notre entourage et à nous nourrir que de ce qui est vraiment bon pour nous »

En résumé : « L’affect négatif, l’émotionnel négatif par rapport à l’entreprise, en interne et en externe, susceptible d’alourdir son fonctionnement. Ex. frustrations, scandales, mauvaise image de marque, turnover, rancœur, colère, tristesse, démotivation »

Tout cela vient augmenter le passif émotionnel et donc diminuer la valeur de l’entreprise. C’est parfaitement logique que cela se répercute sur les cours du titre en bourse. Et comme l’attention est fort focalisée sur ces passifs, ils sont mis en exergue et consolidés. Donc la baisse est confirmée. Parfois les mêmes passifs « trainés comme des casseroles » viennent de loin dans le passé. Il faudra donc aller creuser dans les racines de la société pour transformer ce passif. Comme exemple, des sociétés familiales patriarcales où les émotions sont tabous… alors qu’elles sont le pivot de la motivation et de l’engagement.

La « valeur émotionnelle » en temps de crise

« Les crises sont des opportunités car elles nous invitent à voir la lumière là où elle a toujours brillé »

En résumé : « L’affect positif, l’émotionnel positif par rapport à l’entreprise, en interne et en externe, susceptible de porter son fonctionnement. Ex. la fidélité, la fierté, l’image de marque, la loyauté, la cohérence, la motivation  »

Mais ce que nous observons un peu partout, est l’augmentation de l’affection du public et des employés pour des entreprises qui ont pignon sur rue depuis longtemps. Tout-à-coup, on se dit « Non, ce n’est pas possible, il faut sauver cette entreprise », et les ventes augmentent, la motivation du personnel augmente, l’engagement augmente, l’affect positif général aussi. Cela devrait se répercuter sur sa valeur. Mais non, il n’en est rien, car le passif a tellement été mis en exergue qu’il « voile » la valeur émotionnelle émergente. Quel gâchis. Dans certaines situations même, la valeur réelle devrait être est plus grande après la crise qu’avant. Exemple. Une situation lourde héritée d’années en or, rigidifie l’organisation. Une crise réveille tout le monde, et tout à coup le cœur y est pour relever les défis du moment. Regardez les ventes augmenter pour la faïence Royal Boch lors de l’annonce des difficultés financières. Observez les gens d’accord de se mouiller pour leur employeur pour sauver les emplois et l’activité. Plein de trésors pas assez reconnus encore. Entrer dans une culture du cœur plutôt qu’une culture de la peur. Car le cœur est le moteur et le liant de l’entreprise. Quand on voit les sommes que certaines entreprises investissent en branding, communication, publicité et teambuilding, cela devrait valoir largement la peine de s’attarder au passif qui vient plomber cette valeur si précieuse… et aux nouvelles valeurs qui émergent.

Le « passif connaissance » en temps de crise

« Les crises sont des opportunités car elles nous invitent à casser les murs de nos croyances limitatives, pour devenir vraiment libres »

En résumé : « Tout ce qu’on ne sait pas, le business-modèle de demain, les réglementations du futur, la demande dans le futur, la disponibilité des ressources dans le futur, les problèmes non résolus,… »

L’incertitude est légion. La figure que notre monde aura dans 5 ans est une inconnue totale. Même d’ici un an. Nombreux naviguent « à vue ». Le passif « Knowledge » augmente et se répercute donc sur la valorisation qui diminue. Mais les entreprises qui ont travaillé sur la réflexion stratégique et qui ont réussi à construire un modèle solide, basé sur valeurs humaines, ne souffrent pas ou peu de cette crise. Voyez le groupe Colruyt qui travaille depuis plusieurs décennies sur un modèle humain en cohérence avec sa stratégie commerciale. Certaines bénéficient de ce changement de Valeurs sociétales, comme la Banque Triodos, et connaissent des croissances record. Les géants de l’industrie tant que les PME devront tous s’atteler à faire lever ce brouillard en allant chercher la valeur là où elle se trouve : chez les gens, et dans la nature.

La « valeur connaissance » en temps de crise

« Les crises sont des opportunités car elles nous invitent à découvrir des clés là où nous n’aurions jamais cherché »

En résumé : « La connaissance collective de l’entreprise. Ex. Savoir, savoir-faire, intuition collective des marchés, processus et produits,… »

Les crises nous invitent à découvrir le vrai sens des choses. Elles nous obligent aussi à activer notre créativité. C’est une question de survie. Nous avons croisé dans paquebots et mers trop sécurisées qui nous ont « endormis ». Observez la créativité et les start-ups. Il n’y en a jamais eu autant. Mais l’inconnu voile comme le brouillard, et trop souvent les nouvelles idées sont tuées tout de suite ou même pas détectées. Les nouvelles idées sont par définition « out-of-the-box », c’est-à-dire challengantes, dérangeant un ordre établi, un équilibre fragile. Elles font peur. Les personnes qui ont des idées, dans leur coin, ne les vous donneront plus si elles sont tuées d’emblée. Toutes les nouvelles idées de l’histoire ont bouleversé les ordres établis dans un premier temps. À nous d’être à l’affût et de les détecter, de les arroser et de les protéger. Donner la possibilité aux gens de rater leur coup, pour en apprendre. Changer la culture du succès qui ne tolère pas l’échec, en culture de l’émergence du nouveau, du vrai. Coûte que coûte. Bref, porter notre attention sur ce qui est beau, vrai, vivant, cohérent, juste, plutôt que de porter notre attention sur ce qui va mal, les scandales, les craintes, les drames. Car l’action suit l’attention. Entrer dans une culture optimiste de l’ingéniosité humaine, sortir la tête du sable. Voir loin. Pour que dans 20 ans nous puissions être fier de comment nous avons gérés cette métamorphose humaine et sociétale. Et partager ces trésors d’expérience avec nos petits-enfants. Une direction commune, un sens commun pour le bien de tous. Quand on voit quelles sommes sont investies en savoir, en connaissances, en technologie et R&D, en formation, cela vaut largement la peine de s’attarder au passif qui vient plomber ces valeurs si précieuses… et au nouveau qui émerge.

Diminuer le passif intangible, augmenter la valeur intangible

« Les crises sont des opportunités car elles nous invitent à apprendre à sentir les autres et la nature, et à goûter à tout ce qu’elle a à offrir »

En résumé : « Diminuer les valeurs immatérielles négatives, les risques cachés, donc augmenter la valeur immatérielle cachée de l’entreprise, ses atouts »

Une fois les passifs détectés, à nous de trouver des solutions pour les transformer en valeur. Les grands champions sportifs ont tous traversés des moments de souffrance, de blessures, avant d’arriver au top. Humblement avec soi, et solidairement en famille, et en équipe. En investissant peu, mais avec cœur, humilité et vision, de très gros passifs peuvent être transformé en valeur précieuse. C’est le moment de dévoiler sa créativité. Cette démarche va éliminer un grand nombre de « poids morts », de coûts et de risques cachés.

Transformer l’intangible en tangible

« Les crises sont des opportunités car elles nous invitent à chercher notre confiance au seul endroit où elle se trouve : dans notre corps, et dans la terre »

En résumé : « Utiliser les atouts cachés de l’entreprise pour augmenter sa solidité, sa pérennité, sa performance, et la santé globale ainsi que des gens impliqués dans son fonctionnement »

Ensuite, avec cœur, humilité et vision, transformer tous ces trésors intangibles en business, en activité, en pérennité pour nos organisations. La santé durable. Mais une fois traversé toutes ces étapes, plus jamais la perception de nos métiers sera la même. À commencer par nous-mêmes, la réflexion sera holistique, prendra en compte la perspective plus large de notre activité, respirant vers l’environnement humain et naturel, en amont et en aval de notre job. C’est là que les solutions d’avenir vont émerger. Modèles durables qui vont faire sortir nos entreprises de la masse grise de la concurrence. Vers un but commun, résonant avec cohérence avec nos Valeurs profondes, celles de nos employés et de nos clients, ainsi que de leurs familles. C’est de cette façon qu’enfin nos organisations respireront de l’intérieur vers extérieur, en reliant corps, cœur et tête. Une résonance démultiplicatrice.

En conclusion

Triple Comptabilité oui, mais en ne se braquant pas sur les chiffres, mais sur les hypothèses qui les sous-tendent et sur leur importance stratégique. Une interface vers un autre niveau de fonctionnement plus cohérent. Cela demande un leadership, visionnaire, humble et courageux. Finalement cette approche est comme les nouvelles approches thérapeutiques – holistique – où le thérapeute va chercher l’origine du problème médical diagnostiqué dans le blocage émotionnel du patient et dans ses croyances destructrices. C’est en s’occupant en parallèle de son corps et de son ressenti, que la personne peut aller vers une guérison véritable. C’est notre responsabilité : chacun pour soi, faire notre chemin vers notre propre réalité, pour faire vivre notre magie personnelle. Nous ne créerons pas le nouveau avec des attitudes et façons de penser anciennes. Mais ensuite, nous pourrons réellement innover notre monde, ensemble, avec un regard nouveau et aligné.

Donc, une crise peut même augmenter la valeur de l’entreprise si les valeurs émergentes sont détectées, protégées, soutenues et valorisées. À vous de jouer.

Un « Forum Emergence » sur la Triple Comptabilité aura lieu à Marche-en Famenne le 25 septembre 2009. Infos : michel@uhdr.net

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