Revealing potential

Quand Michael Porter plaide pour la création de valeur “sociale”:

Près de trois ans après le début de la crise économique, le niveau de confiance de l’opinion publique dans les entreprises demeure faible.

D’après l’étude publiée par l’institut de sondage international Edelman en 2010 (“The 2010 Edelman Trust Barometer”), seules 30 % des personnes interrogées en France leur font confiance.

Les efforts qu’elles ont déployés en matière de responsabilité sociale en réponse aux critiques qu’elles ont essuyées n’ont pas suffi à convaincre l’opinion.

Ainsi, 74% des Français interrogés pensent qu’une fois la récession terminée, les entreprises reprendront le mode de fonctionnement qui était le leur avant la crise. Même aux Etats-Unis, où un Américain sur deux déclare avoir de nouveau confiance dans les entreprises, près de 60 % des personnes interrogées craignent le retour au statu quo.

CRISE DE CONFIANCE

Réagissant à cette crise globale de confiance dans un article intitulé “The Big Idea :Creating Shared Value” paru au mois de janvier dans la Harvard Business Review,Michael Porter (professeur à l’université d’Harvard) et David Kramer (cofondateur de la société de conseil FSG) alertent les entreprises sur la nécessité d’adopter un nouveau modèle de gestion qui soit en rupture avec le modèle de maximisation de la valeur pour leurs seuls actionnaires.

Dans cet essai, M. Porter, chantre de la pensée stratégique et concepteur du fameux modèle des cinq forces qui a contribué à cristalliser l’attention des décideurs sur la compétitivité des organisations dans leur industrie, reconnaît l’échec des modèles de gestion passés à prendre en compte l’environnement social des entreprises.

Pour pallier durablement cette lacune, les auteurs proposent de développer un modèle de création de valeur partagée, qui consiste à créer de la valeur économique tout en créant de la valeur pour la société dans son ensemble.

Selon eux, pour ce faire, les entreprises doivent d’abord repenser leurs produits et les marchés sur lesquels elles les commercialisent, de façon à répondre efficacement aux besoins de la société en matière de santé, de nutrition, d’aide à la population vieillissante, d’amélioration de l’habitat et de préservation de l’environnement.

Au-delà de cette réflexion sur l’impact de leurs produits, les entreprises doivent également remettre en cause leur chaîne de valeurs et examiner ses implications concernant l’utilisation de l’eau et des ressources naturelles, ainsi que les conditions de travail de leurs salariés.

Enfin, il leur faut oeuvrer en faveur du développement de pôles de compétitivité qui soutiennent l’activité des organisations implantées dans une même région tout en permettant à la communauté locale de prospérer.

NESPRESSO ET LA QUALITE DE LA PRODUCTION LOCALE

Ainsi Nespresso, l’une des divisions à forte croissance du groupe Nestlé, a-t-elle aidé au développement de nouvelles entreprises et de nouveaux savoir-faire dans les régions où elle se fournit en café, assurant ainsi l’efficacité et la qualité de la production locale.

Les propositions de MM. Porter et Kramer ne sont pas nouvelles.

Comme ils le reconnaissent, un certain nombre d’organisations sont déjà impliquées dans les activités qui sont au coeur de leur modèle de création de valeur partagée.

La mise en oeuvre de plus en plus systématique de politiques de responsabilité sociale a contribué à transformer l’approche des entreprises dans ce sens. De plus, ces dernières ne sont pas les seules à pouvoir créer de la valeur économique tout en répondant aux besoins de la société, comme en témoigne l’action des entrepreneurs sociaux et de certaines organisations publiques ou non gouvernementales.

Quelles que soient ses limites, l’essai de MM. Porter et Kramer marque un tournant majeur dans la façon de penser les entreprises et leur fonctionnement.

Pour restaurer la confiance du public et asseoir durablement leur légitimité, elles devront prendre en compte de façon systématique leur impact social. L’époque où seule comptait leur performance financière est révolue. Il leur faut aujourd’hui intégrer un nouveau facteur à leur stratégie, celui de la performance sociale.

Une du “Monde Economie” du “Monde” daté du mardi 8 février.DR

Julie Battilana, professeure assistante à la Harvard Business School (Etats-Unis)

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Comments on: "Michael Porter s’ouvre aux valeurs immatérielles !" (1)

  1. J’adore ce qu’il est écrit comme tu me l’avais si bien dit ce soir au téléphone. Oui le monde bouge et notre programme de Triple comptabilité vient justement aider les sociétés à pouvoir faire cette analyse au départ de leurs valeurs actuelles. YES c’est super nous sommes en avance alors fonçons tout de suite dans le programme.
    Excellente soirée. Bisous. Véronique

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